samedi 3 mars 2012

Le parfum

 [Edit du 03/03] Je me permets de republier cet article en ajoutant tout en bas un bonus. De jolies scènes que j'ai retrouvées et que je ne voulais pas laisser perdre dans l'oubli.

Mai 2011. Il y a un an, sans doute à cette période, je ne sais plus exactement, j'étais montée sur Paris et avais entrainée Lizzie dans un premier essai vidéo. A l'époque je n'avais pas encore mon canon alors son amie Luh m'avait prêté sa camera. Puis j’étais rentrée à Lyon avec la cassette, pensant que je trouverais facilement quelqu'un pour me la numériser. Mais j'ai du attendre un an et un nouveau voyage à Paris (merci Damien).
Hier, je me suis donc retrouvée avec 4go d'images et adobe première nouvellement installé. J'ai bien galéré mais j'ai bien rigolé aussi.
A la base, si je me souviens bien, je voulais me moquer des pubs pour parfums (notamment le miss dior chéri de Sofia Coppola) souvent niais et caricaturaux, au final ce n'est plus vraiment ça mais j'ai quand même gardé le thème du parfum, qui ici sème l'ennui et la folie. C'est un premier jet, bien sur, mais j'en suis plutôt contente, ça me motive pour faire des vidéos avec mon canon maintenant.




mardi 28 février 2012

dimanche 26 février 2012

A la loupe

Avec plein de projets vidéo en tête je voulais acquérir un nouvel objectif pour pouvoir faire de beaux gros plans, on m'a conseillé de tester d'abord avec une loupe, j'ai finalement acheté un filtre close up pour environ 15€ et bam le résultat est bluffant, pile ce que je voulais. Je n'ai qu'une hâte, mettre en route mes projets.














Là il s'agit juste du dessin d'une carte à jouer!!





dimanche 19 février 2012

Old Hollywood noir

Petits autoportraits classiques mais que j'avais envie de tenter depuis des semaines, une amie m'ayant offert un fume cigarette.





lundi 13 février 2012

Ratfinger

"Il a encore appelé" me dit mon assistante quand je fus de retour au bureau. Devant son air contrarié, je dus lui raconter comment j'avais rencontré ce fameux personnage.
Il y a environ un mois, je me dirigeais vers le métro pour me rendre au travail, j'avais en main quelques manuscrits que je lisais d'un œil dès que je le pouvais, j'étais en effet très en retard dans ma lecture. Puis, au moment de traverser la grande avenue, alors que j'étais plongé dans un paragraphe que j'essayais de décortiquer tant l'écriture s’emmêlait, je sentis que je tombais en avant, trébuchant sur je ne sais quoi. J'aurais pu finir écrasé si Ratfinger ne m'avait pas tiré en arrière au dernier moment. Il m'avait sauvé la vie. Non content de cet acte héroïque, il insista pour m'accompagner aux urgences. Au final, je n’eus pas même une égratignure et c'est Ratfinger qui sortit avec le bras dans le plâtre, c'est mon poids qui, avec le choc, l'avait cassé. A la fois honteux et reconnaissant je voulus le remercier, il refusa l'argent, je l'invitai alors au restaurant. Il était déjà midi. Nous parlâmes d'un peu de tout, comme si nous nous connaissions déjà. Il était d'une gentillesse et d'une douceur étonnante. Vers la fin du repas mon téléphone sonna, c'était le bureau qui s’inquiétait de mon absence, je les  rassurai et raccrochai. Ratfinger me demanda alors tout naturellement quel était mon métier. Je lui répondis donc que j'étais rédacteur au magazine "Lis Tes Ratures". Il fit de gros yeux ronds et bafouillant presque me dit:
"Et est ce que par le plus grand des hasards vous seriez Mr Leblanc?
- C'est effectivement moi!
- Mais c'est complètement fou! Je dévore vos articles et je vous ai déjà envoyé plusieurs nouvelles, il rajouta moins souriant, mais je n'ai jamais été publié..."
Je lui expliquai un peu gêné que je recevais des centaines de manuscrits par mois et qu'il m'était difficile de n'en choisir qu'un à chaque numéro.
Le repas se termina et nous primes congé. Je lui dis que nous pourrions remettre ça un jour mais, même si j'avais passé un agréable moment, je pensais ne plus jamais le revoir. Cependant, une semaine plus tard je reçus en envoi prioritaire un manuscrit de Ratfinger, me demandant, au minimum, un avis d'expert sur celui ci. Vu la montagne de travail que j'avais à ce moment là, je laissai trainer la chose. Mais alors il appela ponctuellement pour avoir des nouvelles.
Je finis mon histoire et mon assistante me regarda de l'air qu'ont les mères qui grondent gentiment leurs enfants, elle me dit:
"Lisez la donc Jacques, je n'en peux plus d'entendre sa voix mielleuse au téléphone." Je lui promis d'y jeter un œil immédiatement. Une fois seul dans mon bureau, j'observais les feuilles de Ratfinger. Après tout c'était un homme sympathique, je l'imaginais bien rangé, surement marié, poli, travailleur, avec pour seule passion l'écriture, il méritait mon aide. Et après tout il m'avait sauvé la vie. Mais néanmoins, je ne pouvais m’empêcher de voir ces lignes, en plus de son acharnement, comme un affront, comme si ma vie équivalait à une simple nouvelle. Je n'arrivais pas à lire au delà des trois premières lignes, ce qui fut un exploit tant ma vue se brouillait. Je ne pouvais toutefois décevoir Ratfinger, ni le laisser continuer à appeler mon assistante, je lui téléphonai donc précipitamment comme si maintenant chaque seconde était de trop. Il décrocha et je lui dis que sa nouvelle était excellente. Il eut le souffle coupé et me remercia des dizaines de fois mais il rajouta hésitant:
"Et croyez vous que... elle pourrait être publiée?
Je paniquai.
- Eh bien elle a le niveau mais malheureusement nous avons déjà choisi la nouvelle du mois.
- Je comprends." dit-il avant de raccrocher un peu triste.
Je n'entendis enfin plus parler de lui durant un mois, savourant ma tranquillité retrouvée, je finis par ne plus du tout penser à lui. Malheureusement Ratfinger n'avait pas abandonné. Quand mon assistante vint me dire que c'était lui au bout du fil, je fus choqué comme si son nom sortait d'un ancien rêve, il me fallut quelques secondes pour demander à mon assistante de répondre que je n'étais pas là. Et le même manège que précédemment se produisit, à chaque sonnerie, je tremblais. Il trouva même mon domicile. J'habitais alors avec ma mère qui était malade. Cela me mit très en colère qu'il l'embêta ainsi, en effet, il avait laissé un message disant que je lui avais promis la publication du mois prochain et qu'après ce qu'il avait fait pour moi je le lui devais bien. Je me sentais pris au piège, comme si Ratfinger avait été un tas de sable mouvant qui m'aspirait pour m’étouffer. Vaincu, je finis par lire sa nouvelle. Je ne savais pas, au fond, ce que j’espérais y lire mais si elle avait été réellement excellente cela aurait tout arrangé. Malheureusement je la reconnue, je l'avais déjà reçue à plusieurs reprises et à chaque lecture je l'avais trouvée plus pitoyable encore. En elle-même, elle n'était pas si mauvaise mais l'écriture était bateau comme une énorme caricature de la "bonne pensée", beauf, fade et anecdotique. Je ne pouvais toutefois pas le lui dire. Pouvais-je pu briser le rêve de celui qui m'avait sauvé la vie? Je me sentais lâche et menteur et je détestais ça. Mon moral en prit un coup, étant sans cesse aux prises de sentiments contraires. J'avais pitié de Ratfinger qui mettait tant d’énergie dans la poursuite de son rêve, mais en même temps, dans les miens, je le voyais me pousser sur la route pour me sauver ensuite, afin d'avoir envers lui une dette éternelle. Je me faisais peur tout seul et Ratfinger continuait son manège en se présentant maintenant en personne au bureau et à mon domicile. Voyant que je ne pourrais jamais m’échapper des griffes de mon sauveur, je le reçus enfin et convint avec lui de le publier au prochain numéro. Il sua littéralement de joie. Je tins évidemment parole. Je me disais que, oui, sa nouvelle était mauvaise mais qu'au pire les lecteurs prendraient ça pour une erreur passagère. A sa sortie en kiosque, on m'envoya effectivement quelques messages désagréables, des fidèles déçus du tournant du magazine. J'essayais de ne pas en être blessé sachant que je me rattraperais le numéro suivant et qu'au moins j'étais débarrassé de ma dette et de Ratfinger. Cependant, je reçus avec ceux là des messages bien différents. Des personnes qui, elles, avaient été enfin contentes de lire un texte qu'elles comprenaient et qui leur parlait. J'étais atterré mais cela ne s'arrêta pas là. Le blog que tenait Ratfinger eu des records de visites. On loua son génie du dépouillement, sa simplicité et ce quotidien qu'il décrivait et qui pouvait toucher tout le monde. Et comme il avait été publié dans ma revue cela ne pouvait être que gage de qualité. On publia son blog tel un roman. Il eut un grand succès. Il fit des plateaux télé, des interviews... Le plus ironique dans tout ça c'est qu'à chaque fois il citait mon nom comme étant le seul qui, au départ, avait cru en lui.

dimanche 5 février 2012

mardi 17 janvier 2012

L'annonciation

Cette photo en annonce une autre. La lune arrive doucement mais surement.



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Muet

dimanche 15 janvier 2012

Les imitateurs

Il me faut l'écrire quelque part avant d'oublier totalement. Tout a commencé il y a de ça trois mois. Il s'était passé un an depuis notre rencontre en cure. Nous nous aimions mais commencions à trop nous connaitre. L'habitude avait remplacé la passion des premiers jours. Les non-dits s’amoncelaient... mais, comme souvent, je veux dire, nous n'étions pas pire que d'autres. Au contraire, notre amour était encore d'une telle force que la regarder me suffisait pour simplement sourire. Son âme était imprégnée en moi. C'était vraiment ce qu'on pouvait appeler une âme sœur. Malgré, ou peut être à cause de ces sentiments, la tiédeur du quotidien nous faisait horreur, reprochant silencieusement à l'autre de ne rien faire pour la contrer, tandis que nous même étions trop fatigués, trop embourbés dans cet état pour changer ça.
Ce jour là, je ne sais pas qui a commencé, si, c'était moi, je me suis assis à sa place dans le salon, nous avions notre' territoire', notre place respective depuis le début mais je ne sais pas, ELLE était encore dans la cuisine et je voulais lui faire une petite farce pas trop fatiguante. Elle est arrivée, m'a regardée étonnée puis amusée, elle s'est assis à ma place d'un air de défis. Il y eu quelques secondes de silence puis, tout en jubilant, elle me dit d'une voix grave qui se voulait être une grossière imitation de la mienne:
"Ça va ma chérie, on fait quoi ce soir? J'entrai dans son jeu et pris la voix la plus féminine possible.
-Pourquoi ce serait à moi de décider, je ne sais pas moi! Son regard se fit incendiaire.
-Ok, j'ai compris." Elle se mit à prendre mes tics, ouvrit ses cuisses pour se poser balourdement, attrapa une cigarette dans une main et le verre de bière dans l'autre. Elle aspira sans grâce puis bu une gorgée en faisant tout un boucan. Je rougis mais sans me démonter je pris aussi son allure, croisais les jambes, jouais avec mes cheveux, raclais ma gorge comme elle le faisait souvent. Une conversation débuta alors où chacun montra au grand jour les travers de l'autre. Au bout d'une heure nous nous calmâmes un peu, je me répétais ses mots en me demandant si j'étais aussi méchant et ridicule qu'elle quand elle les disait. J'imagine qu'elle faisait de même. Je voulais arrêter ce jeu stupide mais j'étais blessé, mal à l'aise, je ne pouvais pas faire le premier pas. Je la regardai alors tristement pour qu'elle comprenne qu'il fallait stopper ça, mais elle continua triomphante:
"Tout ce que tu sais faire, c'est te plaindre égoïstement, elle se reprit, mais... mais je t'aime quand même ma chérie, si nous allions nous réconcilier sur l'oreiller?
C'était exactement les mots que je disais quand nous nous disputions, je répondis donc avec les siens, quand elle n'était pas de bonne humeur.
-Oui, mais fais vite."
Elle grogna et j'allai m'allonger sur le lit sans bouger. Elle me chevaucha et j'en fus très excité. Cette nuit là, elle fut passionnée et moi tendre, nous ne connûmes jamais une telle osmose. Le lendemain matin j'avais oublié le jeu, j'étais juste bien. Elle, était déjà debout, devant un livre, le mien. J’eus une seconde d'appréhension mais elle me sourit, je me rassurai quand elle dit alors d'une voix grave:
"C'était sympa cette nuit, j'espère qu'on remettra ça!" Je fus surpris de m'entendre lui répondre timidement avec sa voix:
"On verra."
Et la journée se poursuivit ainsi. Je voulais arrêter le jeu mais je n'y arrivais pas, d'abord à cause de ma fierté qui m'empêchait d'être le perdant et puis il y avait autre chose je ne sais pas trop, un étrange sentiment. Cela m'amusait.
Le jeu dura et ça ne semblait gêner personne. Quand nous devions voir des amis, nous reprenions nos identités mais avec chaque fois plus de mal, si bien qu'à la fin c'était ces moments là qui nous semblaient être des rôles. Nous finîmes par ne plus sortir de chez nous. On s'amusait quand même follement. Nous étions parfaits dans nos rôles respectifs. Le bonheur était de nouveau là.
Mais voilà, j'ai de plus en plus de mal à me rappeler que je ne suis pas elle en vrai. Je m'en souviens parfois quand je tiens mon pénis et que je pisse, je me demande comment il est possible qu'une femme ai un pareil engin, alors ça me revient. Je panique, me traite de fou mais quand je la retrouve je me remets dans sa peau, il me faut quelques secondes mais je suis de nouveau elle. Je ne peux pas arrêter. Et puis ce n'est pas tout. J'ai remarqué qu'elle a grandi ou bien c'est moi qui rapetisse, oh ce n'est pas énorme mais je le sais. Je sais bien tout de même combien mesure mon corps! Ce n'est pas le pire cela dit. Juste hier j'ai trouvé du sang dans ma culotte. Je le lui ai dit et elle m'a répondu de ne pas en faire tout un plat. Je commence à avoir peur et en même temps ça me semble tout à fait naturel. Peut être qu'il vaudrait mieux que j'efface toutes ces lignes, que j’oublie qui je suis. C'est peut être un renouveau pour moi, une chance. Nous n'avons jamais été si heureux l'un dans l'autre. Pourquoi lutter? Je l'aime en moi et je m'aime en elle.

Je suis Marie et je suis folle amoureuse de mon Hubert, c'est un homme idéal, enfin.


Image de Patrick Jannin

lundi 9 janvier 2012