jeudi 11 juillet 2013

Follow me

Hell'o,

Vu le manque d'action sur ce blog, j'ai décidé de l'arrêter et de poursuivre sur Tumblr, dont le lien suivra ce message. J'y posterai les photos bien sûr mais aussi les textes (j'en ai déjà migré quelques uns) et les vidéos.
A vous qui me suivez et me suivrez encore, je vous remercie et vous embrasse.

I stop this blog but continues on tumblr. I'll post photos of course, texts and videos.
Thanks to you to follow me.





vendredi 5 juillet 2013

jeudi 4 juillet 2013

Ce fameux kimono

Je viens de faire de nouvelles photos avec en modèle Patrick Jannin et je me rends compte que cette espèce de Kimono se retrouve à force sur quelques photos -une par an environ! Voici une petite rétrospective.
Petit jeu, sauriez vous devinez sa véritable couleur?

I just made new pictures with Patrick Jannin and I realize that this famous Kimono is on several photos! Here's a retrospective.
Little game, guess its true color?



 

 Acte final (2013)


Le lundi soir (2012)


 Miss Pest (2011)


 Noh (modèle: Hikiko) (2009)


 Sans titre (modèle: Néa) (2009)


 Histoire d'amour (2008)

dimanche 30 juin 2013

Eric Antoine photographe

Pas loin de chez moi, il y a un photographe qui utilise l'étrange et merveilleuse technique ancienne du collodion. Il a fait quelques photographies de moi que voici. Et en bonus quelques backstage faites par Patrick Jannin.

 Je vous invite à visiter son site www.ericantoinephoto.com



samedi 15 juin 2013

En haut, à gauche, le vent et la fureur

Je me remets aux tests son (mais il faut que je me trouve un micro!). Pour le premier, je suis retombée sur d'anciens rush jamais utilisés, Damien faisant la danse de la créature m'a fait hurler de rire.
Pour le second, je suis tout bêtement allée filmer les arbres un soir de tempête, il s'agit encore ici d'une danse. Le vent dit-on rend fou.






vendredi 14 juin 2013

jeudi 6 juin 2013

Ici Paris

Quelques jours à Paris pour l'anniversaire de mon amie. Tant de visages, tant de discutions, de verres, de sourires, de marches, de surprises, de nuits presque blanches, de rencontres heureuses, de grignotages, de musique... Avant de reprendre le train quelques photos, simples, sans fantômes, sans morts parce que parfois on s'amuse tout simplement, on vit.

Modèle: Lizzie Saint-Septembre





mardi 14 mai 2013

Owl'in

Je retombe en enfance.









dimanche 21 avril 2013

lundi 18 mars 2013

Bleu et rouge

Mon patient Arthur souffre d'un très étrange phénomène. Il ne peut oublier ses rêves. Bien entendu, nous sommes nombreux à nous rappeler de certains rêves sans que cela affecte notre vie mais pour Arthur c'est différent. Chacun de ses rêves devient un souvenir qui se mêle dangereusement à ceux de sa vraie vie. Il lui est très difficile de faire la part des choses. Il a toutefois trouvé une astuce qui l'empêche de sombrer. Il possède des carnets, le soir il écrit en bleu ce qui s'est passé durant la journée et le matin il écrit en rouge les rêves de la nuit. Comme ça quand il a un doute sur la véracité d'un événement, il relit son carnet. C'est une gymnastique fastidieuse mais qui fonctionne. Avec son accord, j'ai noté quelques morceaux intéressants de son carnet, je reprends le même fonctionnement: en bleu la réalité, en rouge ses rêves.

Ma mère m'a appelé le matin, Marine s'est mariée, c'est incroyable qu'elle ne m’aie rien dit! J'étais si en colère aujourd'hui. J'ai cassé un verre. J'ai eu si peur que l'infirmière me gronde. J'ai lancé les débris par la fenêtre, ça a fait un fracas de tout les diables. Ma voisine m'a regardé avec ses yeux mauvais, elle m'observe tout le temps celle-là mais elle ne dit rien. Je n'ai plus que du mépris pour elle. Elle m'avait toujours dit que le mariage était pour les gens qui voulaient s'oublier.

Poids dans la gorge qui remonte jusqu'au cou. Chaque respiration ressemble à la dernière. Parfois, je me rends compte que respirer n'est pas suffisant, j'attends autre chose, de plus fort, qui ne vient pas. J'ai froid mais je rêve d'un cube de glace sur lequel je pourrais fondre, aspirer l'air froid, quelque chose que je sentirais me brûler la gorge. J’étouffe et le bruit ressemble à un chien qui se lamente, ça me ferait peur si...

Marine est venue me voir, elle s'est excusée de ne pas être venue avant. Quand elle est partie, elle a croisé le médecin, un beau brun latino, j'ai vu leur regard se happer, elle l'embrassait goulument. Jamais plus je ne veux la revoir, je ne veux pas pleurer mes 70% d'eau.

Aujourd'hui, j'ai dû relire mon carnet pour savoir si Marine était vraiment passée. Mais je connaissais la réponse.

Encore ce rêve. Je suis toujours endormi mais je sais que je me réveille, j'ai les yeux ouverts et je vois sur le mur à côté du lit, une grosse araignée, elle est tellement réelle, je veux l’attraper ou l’écraser mais elle s’échappe, je suis totalement réveillé et je la cherche mais il n'y a rien du tout.

Rien à dire pour aujourd'hui, toujours la même routine, ils disent qu'ils ne savent pas quand je pourrai sortir, ils ne comprennent pas ce que j'ai. Ils ont essayé de m'endormir chimiquement, je ne faisais plus de rêves, la première nuit j'ai bien dormi, je crois, car c'était juste le trou noir mais après je me sentais vraiment mal, j’étouffais et je devenais fou. Sans rêve pas de réalité, n'est ce pas incroyablement ironique?

La voisine s'est levée de son lit, elle était là plantée devant la fenêtre, ça me faisait peur. C'est une vieille, au regard mauvais, elle ne peut rien faire seule, même pour aller pisser, les infirmières lui parlent comme à une enfant, des fois j'ai mal pour elle. C'est normal que je rêve d'elle. Qu'y a t-il de pire que la dépendance? Que voyait-elle derrière la fenêtre, derrière son reflet? J'aurais voulu lui demander.

L'enfer a un visage, un lieu, des tas de couleurs jaunâtres et des sons. Je les connais. Le tic-tac des horloges est d'une fantastique ironie, on n'entend que lui la nuit.

Ils m'ont dit que je pouvais sortir, je me retrouvais dans la nature, l'herbe était brulée tout était jaune. Ces rêves sont si cruels.

J'ai parlé de mon carnet au docteur, il m'a dit que c'était une excellente idée. Il avait l'air vraiment content mais il me serrait la main un peu trop fort. Quand il m'a quitté, j'ai senti pour la première fois comme le contact des autres me manquait. Quand pourrais-je sortir d'ici? Retrouver mes parents, mon travail...

Le docteur écoutait mon coeur mais il appuyait si fort que je tombais à la renverse.

J'ai pu me promener dans le parc voisin aujourd'hui! Il y avait du soleil, l'air était frais. Peut-on se rendre compte du bonheur que c'est? Tout était si beau, je respirais à plein poumon toutes les odeurs. Sur un banc, il y avait une jeune fille qui lisait. Une brune avec un petit visage et de grandes jambes. Je me suis assis en face et je l'ai observé. Je sais que ce n'est pas très poli mais je ne pouvais pas... tout simplement m'en aller, j'avais besoin de. Je suis finalement allé lui parler, incroyable, un si beau sourire pour l'inconnu que j'étais, le vilain bonhomme fatigué que je devais être. Nous avons parlé de son livre et comme je devais partir je lui ai dit que j'étais pour le moment à l’hôpital pour de l'asthme, que j'étais chambre 2, que si elle voulait dans les prochains jours continuer à parler... Je la quittais en sachant que je la reverrais.

Les souris ont envahi le navire. J'ai failli me tromper de stylo en écrivant!!!

La famille d'Henriette est venue la voir, comme ils me faisaient vomir, ça fait 10 jours que personne ne vient. Oh, on est occupé, on travaille, on n'est pas toute la journée dans un lit, tu as de la chance toi! On a fait garder le petit pour venir. On est fatigué. La bouchère t'embrasse, tu lui manques! L’hôpital pourrait te faire sortir, ils exagèrent, tout ça pour gagner plus, ils ne pensent pas à toi et ton moral, tu serais tellement mieux chez toi, au calme. AU BUCHER, les imbéciles! Je rêve.

La famille d'Henriette est venue la voir, elle les engueulait car ils n'étaient pas venu depuis 10 jours. Ils étaient dans leurs petits souliers. Pour une fois, je prenais part pour elle. Je riais de voir leurs mines déconfites.

La nuit, les infirmiers m'observent comme si j'étais une créature, ils me font mal, leurs yeux me coupent et me piquent mais je reste stoïque, je ne dis rien.

Je repense à cette fille tout droit sortie d'un rêve, je me souviens de son visage mais il est un peu flou, j'aimerais tellement qu'elle soit là, je me sens si proche d'elle sans pourtant la connaître. Les journées sont si longues, rythmées par les mêmes choses, je vis presque seulement pour manger, j'attends quelle petite surprise agrémentera le repas, une orange, un gâteau, un chocolat? Que c'est triste de simplicité.

L'araignée est revenue.

Le médecin m'a dit que je pourrais peut-être sortir jeudi. Je n'y crois plus. En même temps ils ne pourront pas me garder, j'ai déjà surpris des conversations entre infirmiers. Je suis un casse-tête selon lui, ils n'ont jamais vu ça sauf lors de graves maladies. Le problème est là, je ne suis pas malade, j'ai juste trop de souvenirs.

Ma mère a téléphoné et je lui ai dit que j'étais malade. Elle m'a dit qu'à l'école on m'appelait le menteur. Evidemment, qui aurait pu me croire quand je racontais qu'une semaine avant un monstre m'avait enfermé dans le placard, que ma maison avait été infectée de souris ou que j'avais découvert que mon père était un pirate?

Je me rends bien compte que la fille ne poussera jamais la porte de ma chambre mais j'y crois tellement.

Je suis retourné dans ma maison d'enfance, les nouveaux propriétaires avaient tout refait. J'ai voulu gratter les murs pour retrouver ce qu'il y avait avant, je me suis juste fait mal aux doigts.

Mon état est stable. Après tout, tant que j'écris dans mon carnet, il n'y a pas de problèmes. C'est ce que j'ai dit au médecin. Je suis ici car j'ai tenté pendant un mois de ne plus écrire, j'ai cru que je serais assez fort pour faire la part des choses. Mais j'ai cru à des coups de téléphone, à des rendez-vous, à des disputes, qui s'étaient passés en rêve et ils m'ont, eux, cru fou, c'est normal. L'écriture est mon dernier rempart face à la folie. Grâce à mon carnet, je sais ce qui est réel ou non. Le médecin semble convaincu.

La nouvelle infirmière s'est faufilée dans la chambre cette nuit, elle m'a dit qu'elle me trouvait beau et était triste pour moi. Elle a prit mon membre entre ses mains. C'est une fille agréable, je l'ai laissé faire, j'avais tellement oublié... Mais je n'osais pas regarder du côté de ma voisine, j'avais trop peur de voir ses yeux ouverts.

Je fantasme sur la nouvelle infirmière, l'autre a vu le regard que je portais sur elle et m'a fait un clin d'oeil. Incroyable! Aurait-elle compris?

Que signifie ces souris qui grouillent? Aujourd'hui, elles ont cassé un verre qui a accidentellement coupé le fil de mon oxygène.

Je suis sorti en fin d'après midi, un sentiment de plénitude m'a envahit, il y avait un grand vent et si je n'avais pas eu mon parapluie pour m'accrocher j'aurais volé comme Dorothy!

Ma mère est enfin venue me voir, elle m'a énervé, dès qu'elle parlait je la coupais sèchement, je la trouvais si bête mais quand elle est partie je me suis senti totalement vide et meurtri, je la voyais pleurer derrière la porte et ça me donnait envie de mourir.

Le médecin veut me garder encore deux jours mais il m'a permis de sortir dehors une heure. Je suis allé dans le parc. Je suis retourné près du banc, c'est fou mais elle était là. Elle m'a souri un peu gênée, elle m'attendait. Elle déteste les hôpitaux, c'est pour ça qu'elle n'est pas venue. On a parlé, on s'est tu, on s'est regardés, on a ri, on a reparlé. C'est étonnant comme je suis bien avec elle, comme je respire. Elle m'attend ici après-demain, le jour de ma sortie.

Avec cette fille, avec mes derniers rêves, je me rends bien compte qu'il est primordial de tenir ce journal, j'aurais trop peur sinon que ma mémoire ne me joue des tours. Ce serait si cruel.

Je suis si impatient de la revoir, je suis dingue.

Je sors demain, dois-je y croire? Il faut. Tout va bien. Bleu, j'aime ce bleu.

L'araignée était là sur le mur. Elle a montré ses crocs et j'ai hurlé dans mon demi-sommeil.

Je sors de l’hôpital et je vais la rejoindre. Je pleure mes 70% d'eau.