dimanche 18 avril 2010

J'ai 85 ans je n'ai encore rien vécu




Je déteste le soleil, il me fait mal aux yeux, je n'aime pas quand il fait très chaud non plus, je n'aime pas montrer mes aisselles et mes épaules, ni mon cou, malheureusement on ne peux pas mettre que des cols roulés, heureusement mes cheveux ont bien poussé je pourrais bientôt m'en faire une écharpe. J'adore la nuit, je me couche aux alentours de 5h. Je vis sur mon lit et je dors seule, le moindre bruit déconcentre mon sommeil. Mes rêves me laissent souvent une étrange et floue impression de 'jeveuxyretourner'. Je mets beaucoup de temps à m'endormir. Je mets beaucoup de temps à me lever. Je suis toujours en retard, c'est une maladie que j'ai depuis et à cause du collège.



Quand il y a plus de deux personnes j'ai l'impression de disparaitre complètement, j'écoute avec attention, mais si je viens, à mon tour, à prendre la parole, ma voix est une étrange étrangère. C'est une sensation que je n'arrive pas à décrire. Je m'identifie beaucoup aux gens que je vois et quand je me rend compte que je suis moi, j'ai honte. Je n'ai pas le charme que j'aimerais avoir, c'est une douleur de chaque instant. Vous pouvez dire que c'est l'intérieur qui compte mais le mien est rempli de sang, d'os, d'entrailles. Vous n'imaginez pas la cruauté de la foule. La laideur de la ville. L'agressivité des jeunes. On est tellement mieux à cr(i)éer chez soi. C'est sans doute une fuite mais je ne suis pas sure qu'il faille à tout prix partouzer pour se sentir exister.



J'ai l'air fragile mais je suis remplie de colère, ça n'est pas encore arrivé que je cogne quelqu'un, mais j'ai coursé des gamins qui avait mis le feu à une poubelle, sauvé une femme d'un voleur de sac et remis à leur place des petites nanas malpolies. J'ai raté une vocation de super héros, je crois. Si je pouvais, j'apprendrais surement un sport de combat. Mais pas du corps à corps, j'ai la phobie d'avoir les yeux crevés. D'ailleurs quand j'étais jeune j'avais sans arrêt des problèmes aux yeux. Ils se sont réglés quand j'ai arrêté de porter des lunettes. Je hais les lunettes.




Je déteste ma peau, je hais toute les parties de ma peau. Il est bien normal alors que je ne supporte pas d'être observé ou touché. Mais j'aime toucher à tout. Avant j'aimais la peau des autres, sans arrières pensées, la naïve caresse et l'odeur. Mais maintenant les parfums m'écœurent, leurs peaux n'ont plus d'intérêt à part celui de se retrouver sur mes images. L'image m'enivre, la réalité me laisse froide.
Plus je suis confronté aux autres et à leur normalité (gosse, travail, amis, sexe...) plus je me sens seule. Il est difficile de vivre entourée de gens talentueux et aimés quand on manque soi même des deux.


J'aime beaucoup la nature et les temps gris, je n'en ai pas souvent l'occasion mais j'aime par dessus tout me perdre dans les bois. Ça date d'il y a longtemps, quand on allait ramasser les champignons avec ma grand-mère, les champignons ou les mures, les mures bien noires et bien grosse tu vois. J'ai encore le souvenir de ces promenades. Je ne comprends pas qu'on puisse préférer la saleté des rues d'aujourd'hui à la mousse sur un arbre. J'aime aussi les lieux abandonnés, j'espère et crains à la fois d'y rencontrer des revenants.



Le paranormal m'attire. Les cercles de culture ont ma petite préférence (car à la fois beaux, délicat et totalement mystérieux). La physique quantique est merveilleuse aussi.
Quand j'avais 16-18ans je me suis lancé dans la magie mais j'ai abandonné faute de résultat. Je dois bien avouer, à regret, que je n'ai aucun don là dedans... pour le moment.


Il y a aussi l'ancien. Sous ses diverses formes. Mes seules dépenses partent dans les vielles photo cdv, les vieux bougeoirs, miroirs, livres, boites, vinyles, broches, robes, chapeaux, sacs, ours, poupée.... J'ai une certaine aversion pour le moderne bien que, par contre je ne pourrais pas me passer de mon ordinateur ou de mon reflex. Je n'aime pas les voitures non plus, je les détestes vraiment. Les (jolies) moto à la rigueur, mais pas le bruit.


Je ne supporte pas ceux qui mangent bruyamment ou raclent leur assiette, moi je fais toujours peur aux gens car j'arrive sans bruit. Je fuis le bruit mais pas la musique, j'aimerais apprendre la harpe et le piano. J'aurais vraiment aimé savoir chanter aussi. Et écrire des chansons, ce qui est déjà plus dans mes... cordes.
A 12 ans je voulais être écrivain. Malheureusement tout mes romans sont depuis resté inachevés. Maintenant je me contente d'écrire de mauvaises et courtes nouvelles. J'aime les chutes drôles ou cruelles, mais je ne sais pas comment finir les longues histoires. J'hésite toujours entre le suicide et l'amour éternel.



Nature, fantômes et solitude. De haut en bas: Ödland, Michael, Bulle, Lucifel & Julie Kéodari

12 commentaires:

pierre le cornec a dit…

:-) :-) :-) J'adore votre commentaire...(aussi photos)... tu est soooo creative.......

Anonyme a dit…

:)

j'aurais juste une petite question-piège; Tu dis que tu n'aimes pas les relations humaines, soit.
Cela dit, lorsque que l'on voit les vidéos que tu "aimes" sur youtube, on vois un vieillard farfelus qui fait du playback, ou une fille un peu forte danser maladroitement des corés un peu sportives.
J'imagine que ce ne sont pas des choix sarcastiques;j'en déduit donc que tu aimes le genre humain,qu'il t'émeus..
Ai-je tord?

Féebrile a dit…

Chère v... anonyme, tu as une logique bien étrange, je ne la comprend pas.
Mais si j'essaye de te saisir, je te répondrais qu'on peut aimer l'humain, sans aimer les relations humaines.

Anonyme a dit…

Aha ..Oui c'est vrai que la plupart du temps je préfèrerais discuter plutôt que d'avoir à abréger les explications qui m'ont conduit à des sentiments, des convictions personnelles. Mais si j'essaye de saisir ta logique froide et nominative qui distingue autant "êtres humains"et"relations humaines"j'ignore si je devrais en déduire du dégoût ou de l'envie.
Au fait ;) ..Merci pour le "Chère" qui maintien mon anonymat.

Féebrile a dit…

Ni dégout, ni envie, j'ai remarqué que les moments où j'étais le plus malheureuse c'était à cause d'une relation, amicale ou autre. Je crois qu'il ne faut pas s'entêter, quand ça ne marche pas, ça ne marche pas. Mais ça ne veut pas dire qu'il faut haïr tout le monde, même si ça pourrait être légitime (en même temps c'est souvent de sa propre faute). Les gens sont cools, ils sont beaux (enfin mes connaissances) et s'ils me laissent les ""aimer"" sans s'intéresser à moi tout ira pour le mieux.
Est ce que ça répond à tes interrogations ^^?

Anonyme a dit…

Je me reconnais tellement en toi, tu es quelqu'un qui me fascine et c'est rare que j'éprouve autant d'empathie envers quelqu'un.

Je suis une fidèle admiratrice de ton talent. C'est la première fois que je post ici,

enchantée jolie fébrile.

Féebrile a dit…

Enchantée anonyme surement jolie aussi.

C. a dit…

C'est touchant, troublant, tout ce que tu écris, ce que tu exprimes à travers les mots, les images, la musique. Je ne dirais pas que je m'y retrouve, j'ai toujours eu peur de la mort je crois. Mais ils me troublent, oui. J'ai peur d'écrire des choses trop "larmoyantes" (rah, ce n'est pas le mot que je veux), ce n'est pas le but.

Mais je ne sais pas, on a envie de te sauver, un peu, quand on lit ça. Même si "nobody can save [you]".
Et en même temps, c'est sans doute tout ça qui permet ton art si particulier. J'aime beaucoup, en tout cas.

(Et puis quand je suis arrivée sur ton blog il y a quelques mois, il n'y avait rien. Je suis contente de découvrir aujourd'hui tout ce que j'avais manqué.)

Anonyme a dit…

C'est étrange comme je peux m'identifier à ce que tu dis. J'ai l'impression d'avoir raté pleins de choses dans ma vie. Et je n'ai que 16ans, bientôt 17ans.
Je ne sors pas beaucoup de chez moi et j'aime la solitude. Mais parfois, j'aurais envie qu'on me remarque. Je suis trop transparente. J'ai beau faire des efforts, je tente de changer un peu mon apparence, mon comportement (en essayant de rester moi-même) mais ça ne fonctionne pas. Aucun garçon ne me remarque. J'ai l'impression que je vais finir ma vie seule.

Ma vie ne bouge pas et c'est ça qui me fait peur. Je me demande si je vais toujours être au même point dans vingt ans... :(

Jenny.

Féebrile a dit…

Chère Jenny,
Comment peux tu dire que tu as raté plein de choses alors que tu n'as que 16 ans? "Tu es jeune", c'est une phrase facile à dire et ce genre de sentiment peut nous prendre à tout âge, mais crois moi, tu vas vivre des milliards de choses... si tu le veux! Parfois ça prend du temps d'évoluer, de devenir ce à quoi on aspire, des mois... des années! Perds pas espoir, plaire aux garçons, surtout si on a pas confiance, c'est toujours compliqué, se plaire à soi même encore plus, mais à ton âge on se construit (même au mien cela dit, encore un peu et toujours un peu). Peut être te manque t-il les bonnes rencontres, les bonnes activités pour faire bouger ta vie et te sentir vivante. Il suffit de pas grand chose parfois. Il suffit d'une personne.

Anonyme a dit…

Bonjour.

Merci beaucoup pour cette réponse rapide qui va, certainement, beaucoup m'aider à l'avenir. C'est vrai que, j'ai tendance à me rabaisser ou encore, à ne pas me plaire. D'abord, je vais tenter de travailler un peu sur moi, et par la suite, travailler sur les relations sociales.
En fait, je crois que je me suis vraiment découragée parce que chaque fois que j'essayais un truc, ça foirait toujours. J'ai paniqué.
Bref, encore merci. ^^ Ça m'a beaucoup aidé.

Jenny

wens a dit…

Je trouve très touchant cet échange avec Jenny. Il y a aussi "on a envie de te sauver quand on lit ça" qui m'amuse. Moi je n'ai pas "envie de te sauver", c'est le monde autour qu'il faudrait sauver ! J'ai d'abord pensé qu'il s'agissait d'un texte de fiction, une vieille dame qui s'exprime, c'était étrange et inquiétant avec le décalage des images et puis il devient évident qu'il s'agit d'un état d'âme et c'est autre chose.
Les vrais sages meurent toujours en colère disait Breton, vous êtes toutes deux bien vivantes et sensibles, et jeunes aussi : la vie est belle car il n'y a rien d'autre, mais c'est déjà beaucoup.